Une annonce en grande pompe puis un silence troublant : retard à l'allumage du dialogue de Bensalah

Une annonce en grande  pompe puis un  silence troublant : retard à l'allumage du  dialogue de Bensalah
Par Agence | 13 Juillet 2019 | 15:48

Bientôt dix jours depuis son fameux discours du 3 juillet  dans lequel il avait présenté une feuille de route de sortie de crise adossée à un dialogue mené par des personnalités nationales «crédibles» et «consensuelles» qui devrait déboucher sur la mise en place d’une instance indépendante d’organisation des élections, mais  pour le moment rien ne semble poindre à l’horizon.

Où est donc passé le plan du président Bensalah qui a été pourtant accueilli positivement par beaucoup de partis de l’opposition ?

La question se pose d’autant plus que, entre temps, un segment de l’opposition, regroupée sous l’égide de « l’Alternative pour le changement », s’était réuni le 6 juillet dernier et a adopté une plateforme dite d’Ain Benian qui allait plus au moins dans l’esprit du dialogue de Bensalah même si le consensus n’était pas au rendez-vous.

La logique aurait voulu que le président de l’Etat donne du sens à sa proposition en livrant  son offre politique et en annonçant le (ou les) nom(s) de(s) personnalité(s) devant piloter ce fameux dialogue.

Or, dix jours après son discours, pas une seule indication ou précision n’ont été données sur le «making off» et le casting  de ce dialogue pourtant «béni» par le chef de l’armée, Ahmed Gaid Salah,  dans son discours.

Du coup, les observateurs s’interrogent sur le sérieux de l’entreprise dés lors que son initiateur déjà fortement contesté par de larges secteurs de la classe politique et de l’opinion, traîne les pieds.     

Que va-t-il se passer dans les prochains jours ? Mystère et boule de gomme. Bensalah peine-t-il à trouver l’homme qu’il faut pour réussir à convaincre les partis de l’opposition vers ce dialogue ?

Sans doute que sa tache ne sera pas une sinécure tant les personnalités nationales bien connues sur la place, se sont toutes exprimées en faveur d’une transition politique négociée avant d’aller vers une élection présidentielle.

De fait, il sera difficile de convaincre les Taleb, Benbitour, Zeroual et autres Hamrouche d’accepter une mission bien emballée et qui heurte leurs convictions politiques du moins la majorité d’entre eux.

On comprend mieux la difficulté d’Abdelkader Bensalah de mettre la main sur l’homme «providentiel» qui pourrait donner corps à ce qu’il a annoncé dans son discours.

La méfiance est plus que jamais de mise au sein de l’opposition pour qui le catapultage de Slimane Chenine à la tête de la chambre basse du parlement  est un révélateur des arrières –pensées du pouvoir a mettre en place une large coalition islamo-conservatrice sur laquelle il compte asseoir son pouvoir et peser sur les choix politiques à venir.

Quoi qu’il en soit, ce retard à l’allumage du  dialogue de Bensalah plombe une nouvelle fois le climat politique et  laisse entendre que le pouvoir décrié vendredi dernier, avance à tâtons sans trop savoir où il va.

Et ce n’est certainement de cette façon qu’il pourra convaincre ses contempteurs de la  crédibilité de sa feuille de route et encore moins de sa volonté de remettre le pouvoir au peuple conformément à ses engagements de faire appliquer les articles 7 et 8 de la constitution.  

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