"Les crimes contre l’humanité incluent aussi bien des génocides comme la Shoah ou celui des Arméniens quedes massacres de masse comme ceux qui ont été perpétrés en Afrique ou enAlgérie", a précisé le spécialiste de l'histoire de la colonisation française, Benjamin store, dansune interview au quotidien français "Le Parisien", indiquant que cela fait longtemps que leshistoriens en ont apporté la preuve.
L'historien était interrogé par "Le Parisien" au lendemain des déclarations du candidat à l'élection présidentielle française, Emmanuel Macron lors de sa visite à Alger.
Deux millions de paysans déplacés
"(...) Cela fait très longtempsque les historiens ont apporté la preuve de massacres, de crimes, de torturesdurant la longue période de la colonisation", a indiqué Benjamin Stora, rappelant qu'en 1959,Michel Rocard publiait un rapport concluant à des déplacements de 2 millions depaysans en Algérie.
Mais, relève l'historien, laFrance a construit un système juridique "qui fait qu'aucune plainte nepeut aboutir et que cette période ne peut être jugée", expliquant qu'en raisondes lois d'amnistie votées dans les années 1960, "aucune plainte ne peutaboutir".
Pour lui, seules des poursuites devantdes tribunaux internationaux "pourraient débloquer leprocessus".
Quasiment interdit d'évoquer les crimes de la France
Il a relevé qu'en France, "dès quel'on prononce les mots +crimes contre l'humanité+, le débat se clôt ou sepolitise", soulignant qu'il est "quasiment interdit" d'évoquer tout actede violence commis par la France pendant la colonisation.
Il a indiqué, dans ce contexte, qu'enmatière de colonisation, "la France a bâti un faux modèle républicain :elle a proclamé le principe d'égalité mais ne l'a que rarement mis enpratique", soutenant que la colonisation est devenue un "marqueur identitaire"comme l'esclavage pour les Noirs. "C'est une question historique aux conséquences politiques trèsvivaces", a-t-il conclu.