Mokrane Ait Larbi soupçonne "un procès contre les intellectuels" dans l'affaire de l'islamologue Said Djabelkhir

Mokrane Ait Larbi soupçonne "un procès contre les intellectuels" dans l'affaire de l'islamologue Said Djabelkhir
Par Nabil Semyane | 27 Février 2021 | 15:15

L'avocat Mokrane Ait Larbi, pensant dans un premier temps qu'il "s'agissait juste d'une plaisanterie" a fini par prendre au sérieux la plainte déposée par un professeur d'université et néanmoins député contre l'universitaire et islamologue Said Dajbelkhir, accusé de "mépris contre les principes de l'Islam".

Sur sa page Facebook et en se situant sur un plan strictement juridique, l'avocat qui dénonce "un procès contre les intellectuels", se demande "comment un juge d'instruction ou un tribunal  puisse enregistrer une plainte  de la part d'une personne qui n'a aucune qualité pour la faire ».

Se référant au code de procédure pénale, Mokrane Ait Larbi note que "l'article numéro 2 est clair et n'accepte aucune interprétation, dès lors que l'auteur de la plainte n'a subi aucun tort à titre personnel qui l'autoriserait à  lancer une action en justice ».

Dans ce genre d'affaire où il est question d'atteinte aux principes de l'Islam, seules et uniquement seules habilitées à saisir la justice sont les instituions de l'Etat qui, estime  l'auteur  du texte, ont aujourd'hui d'autres missions.

L'avocat tacle l'universitaire et député auteur de la plainte, envoie  lui reprochant d'écrire au président de la République pour lui demander d'intervenir, alors qu'il existe actuellement d'autres problématiques autrement plus importantes  qui rentrent dans ses missions  nécessitant l'intervention du président.

L'ouverture d'un débat dans les médias en y associant l'islamologue aurait été autrement plus pertinent  que le recours à la Cour de justice, commente Mokrane Ait Larbi, qui dénonce le "plaisir" au mimétisme de certains qui se référent à des législations de pays étrangers pour déposer des plaintes contre des personnes physiques sans en avoir la qualité, aux termes de la loi algérienne.

l'avocat termine son texte en se posant la question de savoir si le tribunal de Sidi Mhamed, le 1er avril prochain, date du procès suivra t-il le plaignant dans sa démarche ou sera t-il récusé. « Tout est possible dans l'Algérie nouvelle », conclut t-il.

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