Le général iranien Qassem Soleimani , émissaire de la République islamique en Irak, et un dirigeant pro-iranien Abou Mehdi al-Mouhandis, ont été tués ce vendredi, dans un raid américain. Une attaque qui intervient seulement quelques jours après celle de l'ambassade américaine à Bagdad et qui pourrait, une nouvelle fois, faire monter la tension ente les États-Unis et l'Iran.
Le Pentagone a confirmé jeudi soir avoir tué le général iranien Qassem Soleimani, sur ordre du Président américain. Le guide suprême de la Révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré, quant à lui, qu'une terrible vengeance attendait les «criminels» l’ayant assassiné.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont confirmé vendredi la mort dans un bombardement à Bagdad du général Qassem Soleimani, émissaire de Téhéran pour les affaires irakiennes, et l'ont attribuée aux États-Unis.
"Sur ordre du Président, l'armée américaine a pris des mesures défensives décisives pour protéger le personnel américain à l'étranger en tuant Qassem Soleimani», a indiqué pour sa part le ministère américain de la Défense dans un communiqué.
Le Président n'a pas immédiatement fait de commentaire mais il a tweeté un drapeau américain.
Le Pentagone a pris soin de souligner que le général Soleimani était le chef des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, une organisation considérée comme «terroriste» par Washington depuis avril dernier.
Le général iranien présidait aux négociations pour former le futur gouvernement irakien.
«Le Général Soleimani préparait activement des plans pour attaquer des diplomates et des militaires américains en Irak et à travers la région», ajoute le communiqué, qui attribue au responsable iranien la mort de «centaines» de soldats américains et alliés.
«Il avait orchestré les attaques contre les bases de la coalition en Irak ces derniers mois - y compris l'attaque du 27 décembre - culminant avec la mort et les blessures d'autres Américains et du personnel irakien», ainsi que l'attaque de cette semaine contre l'ambassade des États-Unis à Bagdad, souligne le Pentagone.
«Cette frappe avait pour objectif de dissuader des plans d'attaques futures de la part de l'Iran», conclut le Pentagone. «Les États-Unis continueront à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger notre peuple et nos intérêts où qu'ils soient dans le monde.»
Trois jours de deuil national en Iran et un appel à la vengeance
Le guide suprême iranien a décrété trois jours de deuil national dans le pays après la mort du général. L’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré qu'une terrible vengeance attendait les «criminels» ayant assassiné le général Qassem Soleimani, selon des propos rapportés vendredi par la télévision publique iranienne.
Sa mort relève d'une «escalade extrêmement dangereuse et imprudente», a prévenu vendredi sur Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.
Réactions aux Etats-Unis
Le chef démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a déploré que Donald Trump n'ait pas notifié le Congrès américain du raid mené en Irak.
«Qassem Soleimani était le cerveau d'une immense violence, de la souffrance et de l'instabilité. Il avait le sang d'Américains sur ses mains et je ne vais pas pleurer sa mort», a écrit Eliot Engel dans un communiqué. «Mais beaucoup le considéreront comme un martyr et je suis profondément inquiet quant aux répercussions de la frappe de ce soir», a-t-il estimé.
Cette frappe contre une personnalité importante d'Iran a été diversement accueillie à Washington.
«Il n'a eu que ce qu'il méritait», a tweeté le sénateur républicain Tom Cotton.
«Soleimani était un ennemi des États-Unis, la question n'est pas là», a noté le sénateur démocrate Chris Murphy dans un tweet. «La question est celle-ci: est-ce que l'Amérique a assassiné, sans autorisation du Congrès, la deuxième personnalité d'Iran, provoquant consciemment une guerre régionale massive?»
Les cours du pétrole ont bondi de plus de 4%, vendredi en Asie, après l'annonce de la mort à Bagdad du général iranien Qassem Soleimani dans un raid attribué par les pro-Iran aux États-Unis.
Le baril de «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en février, a pris 4,3% à 63,84 dollars, dans les échanges électroniques. Le Brent, référence européenne, pour mars, a gagné 4,4% à 69,16 dollars. (avec agences)