Palestine: record de destructions et d'agressions en 2011

Palestine: record de destructions et d'agressions en 2011
Contribution | 14 Décembre 2011 | 22:07

20 ONG, dont Amnesty et HRW, dénoncent la recrudescence des démolitions, des expropriations et des violences à l'encontre des Palestiniens et appellent Israël à respecter le "droit international".

Destruction, occupation... mais aussi violence. 20 ONG se sont unies pour dénoncer mardi le doublement du nombre de Palestiniens dont Israël a détruit les habitations en 2011. Afin de mettre un terme à ce nombre record de démolitions, un communiqué commun appelle le Quartet sur le Proche-Orient -qui poursuit ses discussions- à "exiger du gouvernement israélien qu'il revienne sur sa politique de colonisation et gèle toutes les démolitions".

Le constat de l'année 2011 est amer pour les ONG, dont Amnesty International, Human Rights Watch et Oxfam, qui évoquent le doublement du "nombre de personnes déplacées en raison des démolitions". Ainsi, plus de 500 habitations palestiniennes et autres infrastructures de base ont été détruites en Cisjordanie. Conséquences: plus de 1000 Palestiniens ont été déplacés, selon les chiffres des Nations unies.

Ces destructions vont de pair avec l'expansion accélérée des colonies israéliennes, pointe le communiqué. Sur l'année 2011, "des plans concernant près de 4 000 nouveaux logements pour des colons à Jérusalem Est ont été approuvés". Ces actes sont considérés comme "des violations du droit humanitaire" a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient de Human Rights Watch.

Les agressions des colons en hausse

Une mosquée désaffectée a été attaquée par des vandales dans la nuit de mardi à mercredi dans le centre de Jérusalem-Ouest, la partie israélienne de la Ville sainte. Des inconnus ont peint des graffitis anti-arabes, comme "Un bon Arabe est un Arabe mort", et anti-musulmans sur les murs extérieurs du bâtiment.

L'inscription "prix à payer" en hébreu a également été taguée. Des colons radicaux et des extrémistes de droite pratiquent une politique de représailles systématiques dite du "prix à payer" qui consiste à attaquer des cibles palestiniennes à chaque fois que les autorités israéliennes prennent des mesures qu'ils jugent hostiles à la colonisation.

Les 12 derniers mois ont été marqués par "une escalade des actes de violence de la part des colons". Les agressions contre les Palestiniens a augmenté de plus de 50% par rapport à 2010. Par ailleurs, les moyens de subsistance de centaines de familles sont aussi touchés, poursuivent les ONG, puisqu'environ 10 000 plants d'oliviers et autres arbres ont été détruits en Cisjordanie. Sans que les auteurs de ces actes ne soient inquiétés: 90% des plaintes déposées pour violence commise par des colons ayant été classées sans suite par la police israélienne entre 2005 et 2010, précise le communiqué.

Faire valoir le droit international

Face à ce constat, un des responsables des ONG regrette "l'échec fondamental de l'approche du Quartet" (Etats-Unis, Union européenne, ONU, Russie), à la veille d'une réunion séparée des Israéliens et des Palestiniens avec des représentants du Quartet à Jérusalem. Pour les ONG, il faut en priorité de faire valoir le droit international essentiel à "toute solution juste et durable au conflit".

Dans une déclaration à l'ONU le 23 septembre, quelques heures après le dépôt d'une demande d'adhésion d'un Etat de Palestine à l'ONU, le Quartet a proposé un plan de relance des négociations de paix israélo-palestiniennes, au point mort depuis plus d'un an. Mais les camps israélien et Palestinien ont des interprétations divergentes quant à la teneur de cette déclaration, les Israéliens affirmant qu'elle ne stipule "aucune condition préalable" aux pourparlers tandis que les Palestiniens considèrent qu'elle comporte un appel "clair" à l'arrêt de la colonisation.

Reuters

 

Mots-clés :
Catégories : La face B de l'info

Lire tous les articles de la face B de l'info