Mokrane Belkessam, le désormais ex-otage de Mekla, garde un mental d’acier malgré l’épreuve difficile qu’il vient de subir. Il a fait quelques confidences à sa famille sur les conditions de sa détention.
M. Belkessam a indiqué que le jour de son kidnapping, les islamistes armés l’attendaient à la sortie de son exploitation. Ils ont braqué sur lui un pistolet automatique et lui ont intimé l’ordre de monter à l’arrière dans son véhicule. L’un de ses ravisseurs prendra le volant. Celui-ci aura du mal à faire démarrer la voiture dotée d’une boite à vitesse automatique.
Peu de temps après avoir pris la route, les ravisseurs lui enfileront une cagoule. Après près de trois heures de route, la voiture s’arrête et Mokrane Belkessam est poussé à l’intérieur d’une casemate. Pendant sa détention, ses ravisseurs ne cessaient de lire le coran confirmant ainsi qu’il s’agissait bien de terroristes de l’ex-GSPC. Ils lui ont même appris à faire la prière.
Mokrane Belkessam a confié que lors du premier jour, on lui a servi des pâtes avec du thon. Le lendemain, on lui a proposé du riz avec des sardines. Il indiquera néanmoins qu’il a refusé de manger. Le groupe armé se constituait d’au moins 5 individus mais un seul d’entre eux parlait le kabyle. Celui-ci était d’ailleurs chargé de sa surveillance. Sur les cinq terroristes, deux seulement étaient barbus. Les autres étaient rasés de près.
Les ravisseurs ont expliqué à leur otage qu’ils recourent aux kidnappings en Kabylie en raison du fait que le gens refusent de payer la dîmes comme partout ailleurs. «Ailleurs, les gens payent la dîme sans problème. Pourquoi vous, vous ne le faites pas ici ?», lui ont-ils dit.
Ils lui ont aussi déclaré qu’ils l’avaient surveillé pendant au moins deux mois avant de l’enlever. Ils connaissaient parfaitement ses déplacements. Enfin, Mokrane Belkessam a confié qu’il a dû marcher plus de 10 heures dans les maquis pour rallier l’endroit où il a été relâché.