La 6è édition du Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) a été ouverte mercredi après-midi à Meknès (140 km à l'est de Rabat) avec la participation d'une trentaine de pays dont l'Algérie représentée par une quarantaine d'opérateurs économiques. Organisé sous le thème de "l'Agriculture solidaire" ce salon a été inauguré par le roi Mohammed VI qui a visité le stand de l'Algérie où il a été accueilli par le ministre de l'Agriculture et du développement rural, M. Rachid Benaissa, en visite au Maroc depuis lundi dernier. Le roi du Maroc s'est notamment intéressé aux différents produits algériens de plusieurs filières exposés et de plus amples explications lui ont été fournies par les professionnels de diverses filières sur le label algérien.
Cette visite d’une importante délégation algérienne entre dans le cadre du renforcement et du développement des relations entre les deux pays, dans les domaines de l’agriculture, de l’agro-industrie et du développement rural. Rencontre avec le chef de la délégation algérienne, le Docteur Amine Bensemmane.
Pouvez-vous nous présenter brièvement un panorama actuel de l’agriculture algérienne?
A l’image de celle du Maroc, l’agriculture algérienne est en plein mouvement. Vous avez au Maroc le Plan Maroc Vert, nous, en Algérie, nous avons lancé le Plan du Renouveau de l’Economie Agricole et Rurale, qui s’étale jusqu’en 2014. Ce plan a pour principal objectif le développement des filières les plus importantes qui interviennent dans la sécurité alimentaire. Nous avons une dynamique de mise en place de ces filières à travers la profession et l’interprofession, qui suit quelque peu le schéma de l’organisation professionnelle de celle du Maroc avec le Plan Maroc Vert.
L’année précédente, l’Algérie a exporté pour la première fois depuis des années de l’orge. Est-ce que la campagne en cours promet d’aussi bons résultats?
La campagne céréalière précédente a été effectivement exceptionnelle, grâce à différents facteurs tels que l’introduction de nouveaux intrants à la faveur de la nouvelle politique céréalière et aussi grâce à des facteurs climatiques qui ont été importants. Cette année, les facteurs climatiques ne sont pas aussi favorables que l’année précédente. Par conséquent, la production céréalière, tout en restant importante, ne sera certainement pas meilleure.
Pouvons-nous savoir ce qui a été convenu entre les deux parties en matière de coopération dans le domaine de l’agriculture?
Ce rapprochement est, pour nous, très important et très intéressant. Nous y travaillons maintenant depuis une année car l’Algérie était déjà présente lors de la dernière édition du SIAM. Ce qui est nouveau cette année est que ces relations se concrétisent. Car, notre souhait est de voir les deux agricultures, algérienne et marocaine, se rapprocher à travers la réalisation de programmes d’actions communes. Ce qui a été signé hier à Rabat (le 25 avril) est un protocole d’accord pour la mise en route de cette agriculture commune. Il y a donc effectivement un rapprochement, dans l’agriculture spécifiquement, mais beaucoup plus entre professionnels.
Ce plan d’actions communes entre l’agriculture des deux pays cible-t-il des cultures spécifiques?
Non. Ce plan d’actions communes concerne toutes les cultures confondues: agrumes, céréaliculture, oléiculture, produits du terroir… Vous savez, nous disposons des mêmes richesses et d’une même dynamique qu’au Maroc pour le développement agricole. L’approche est peut-être un peu différente. Nous avons un plan de renouveau de l’économie rurale et agricole qui est aussi performant et aussi organisé que le Plan Maroc Vert. C’est pour toutes ces raisons que nous souhaitons échanger, avec les professionnels marocains, des idées, afin d’améliorer les technicités et les rapports entre les différentes professions des différentes filières.
C’est la deuxième participation algérienne au SIAM. Y a-t-il du nouveau en comparaison avec celle de 2010 ?
Le nouveau pour cette édition est que l’Algérie dispose d’un stand institutionnel. Cela signifie que l’Etat algérien est présent officiellement. C’est l’ensemble des filières agricoles qui sont présentées au grand public. Comme je vous le disais précédemment, c’est ce rapprochement qui va aider à organiser les deux agricultures.
Propos recueillis par Samir Benmalek in "Quotidien au fait"