Il y a 60 ans, était assassiné à Tlemcen le docteur Benaouda Benzerdjeb par les gendarmes français pour avoir tenté de procurer une ronéo à l’organisation FLN. Il avait 35 ans.
Né à Tlemcen en 1921, il fait des études secondaires au Collège De Slane de sa ville natale. Il suit des études de médecine en France (Paris) où il était entré clandestinement en 1941. C'est dans ce pays qu'il fréquente les milieux estudiantins nationalistes nord-africains.
Muni du diplôme de médecine, il retourne à Tlemcen en 1948 où il exerce jusqu’à la date de son assassinat. Les gens l’appelaient le « médecin des pauvres ».
Parallèlement à ses activités médicales, il militera au sein du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) et sera le trésorier général de l'Association des Étudiants Musulmans Algériens.
Tous les moudjahidines blessés fréquentaient son cabinet, et il lui arrivait également de monter au maquis prodiguer des secours.
« Son enterrement est l’occasion d’une très importante manifestation, les magasins ferment, de nombreux heurts se produisent avec la police, le couvre-feu est imposé à 17 heures. Mais tout recommence le 19 et les jours suivants. La « réaction vigoureuse » des autorités coloniales fait officiellement 12 tués et 40 blessés », témoigne l’historien Abderrahim Taleb-Bendiab.
A Alger, le 20 janvier suivant, l’UGEMA, présidée par Mohamed Benyahia, décrète une journée de grève des études. Cette grève a été également suivie par des étudiants progressistes d’origine européenne tels que Maurice Audin.
Mohamed Rebah