Réfugiés libyens: Amnesty dénonce l’attitude honteuse et inacceptable de la France

Réfugiés libyens: Amnesty dénonce l’attitude honteuse et inacceptable de la France
La Rédaction | 23 Juin 2011 | 14:15

Amnesty international-France (AIF) a déploré jeudi l’attitude "honteuse" des autorités françaises qui maintiennent leur refus de "réinstaller" des réfugiés en provenance de Libye et de Tunisie sur son sol, les appelant à prendre leurs responsabilités "face à la tragédie qui se déroule aux portes de l’Union européenne". L’ONG rappelle que dans un courrier reçu le 21 juin, le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, invoque "la crise de l’asile et la saturation des capacités d’accueil" en France et privilégie "des solutions régionales de protection" dans des pays comme l’Egypte et la Tunisie "qui ont pourtant déjà vu arriver 1 million de personnes sur leurs territoires en quelques mois".

1800 morts en mer

"Alors que, depuis le début de la crise, environ 1800 personnes seraient déjà mortes en traversant la Méditerranée, d’autres continuent à risquer leur vie sur des embarcations de fortune pour tenter de rejoindre l’Europe", déplore en outre AIF. Elle considère dans ce contexte que ces personnes " ne le font pas par choix mais par extrême nécessité", soulignant que beaucoup sont des "doubles" réfugiés, originaires du Soudan, de Somalie, d’ Erythrée et de la Côte d’Ivoire, déplacés de chez eux puis de Libye, fuyant constamment les conflits". Pour AIF, la position des autorités françaises est "inacceptable" parce que les raisons régulièrement avancées pour justifier le refus d’accueillir des réfugiés, "varient dans le temps, sont contradictoires et finalement révèlent l’absence totale de volonté politique pour protéger les réfugiés fuyant la Libye".

La position française est inacceptable

Cette position est également "inacceptable", poursuit l’ONG, car de son point de vue les solutions préconisées sont " totalement inadaptées à cette situation d’urgence" et "inacceptable" enfin, car les autorités françaises font preuve de cynisme". Le refus de protection d'aujourd'hui vient renforcer la responsabilité des autorités françaises et celle de l’Union européenne, pour " non -respect de leurs obligations internationales", relève également l’ONG qui considère que le "temps est largement venu pour assumer leur responsabilité et ne plus se défausser et d’avoir le courage d'exposer les faits de façon objective à la population française".

La réinstallation n'est pas pertinente selon Sarkozy

Dans une lettre adressée en avril dernier au président de la Commission européenne, à propos de la situation des réfugiés fuyant la guerre en Libye, le président français Nicolas Sarkozy indiquait que la " piste de la réinstallation sur le territoire des Etats membres de l’Union européenne, n’est pas pertinente dans les circonstances de l’espèce", ajoutant qu’ " Il y a tout lieu de penser que, par l’effet d’appel qu’elle comporte nécessairement, (la réinstallation) serait en fait de nature à aggraver la situation".

En mars, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) lançait un appel à la réinstallation d’urgence d'environ 8000 réfugiés et de plus de 3.000 demandeurs d'asile de Libye. Dans le même temps, la commissaire européenne à la sécurité, Cecilia Malmstrom, lançait un appel à la solidarité aux Vingt-sept pour "réinstaller" dans l’Union européenne des Erythréens et Soudanais.

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