Le syndicat des magistrats cherche à jeter des passerelles avec le Hirak

 Le  syndicat des magistrats cherche à jeter des passerelles avec le Hirak
Par Agence | 30 Octobre 2019 | 14:26

Le bras de fer, entre le Syndicat National des Magistrats (SNM) et le ministre de la Justice, Garde des sceaux Belkacem Zeghmati, se poursuit et le conflit s’enlise.

Une réunion de conciliation a eu lieu mardi en début de soirée mais n’a pu aboutir qu’à une impasse.

Le ministre de la justice qui recevait selon nos sources une délégation du syndicat des Magistrats, a dû constater l’attitude «inflexible» de ces derniers sur l’annulation du mouvement décidé «arbitrairement».

De son côté, Belkacem Zeghmati s’est montré intraitable arguant au contraire que les membres du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) étaient au courant du mouvement et qu’ils l’avaient adopté.

Du coup, les deux camps se sont quittés sans le moindre accord et les magistrats continuent aujourd’hui mercredi leur mouvement de grève illimité dans toutes les juridictions du pays pour la 4ème journée de suite.

Des comptes rendus concordants estiment que plus de 95% des tribunaux  sont paralysés au grand dam des citoyens pris en otage dans ce bras de fer qui prend désormais un accent politique.

Et pour cause ! Les magistrats grévistes font les yeux doux au Hirak populaire et adoptent certains de ses slogans fétiches en inscrivant notamment leur action dans le sillage de la revendication d’une «indépendance de la justice».

Des vidéos virales sur les réseaux sociaux montrent des magistrats arborant dans plusieurs régions du pays des affiches dénonçant «l’emprise» de l’exécutif sur la justice.

C’est là une escalade revendicative des magistrats qui jusque là, n’ont jamais crié ce genre de slogans.

N’est-ce pas eux en effet qui ont ordonné de jeter des dizaines de jeunes du Hirak en prison.

C’est dire que la radicalisation de leur action est sujette à des critiques des activistes du Hirak qui leur reprochent un certain opportunisme pour régler leurs soucis professionnels en chevauchant la protestation populaire.    

Ils en veulent pour preuve que les magistrats se sont engagés à encadrer «normalement» l’élection présidentielle du 12 décembre.

Il va sans dire que leurs collègues qui assurent la «permanence» dans les tribunaux, ne se font pas prier pour prononcer des décisions négatives contre les demandes de libération de certains détenus dont le dernier n’est autre que Lakhdar Bouregaâ, dont le séjour en prison a été prolongé de quatre mois dimanche dernier.     

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