L'aéroport d'Orly s'est de nouveau transformé en dortoir

L'aéroport d'Orly s'est de nouveau transformé en dortoir
Par Mourad Arbani | 14 Juillet 2011 | 10:28

L'aéroport d'Orly s'est de nouveau transformé en dortoir, dans la nuit de mercredi à jeudi, pour des centaines de passagers d'Air Algérie bloqués par la grève du personnel navigant de la compagnie qui entame son quatrième jour, sans issue en vue.

Les vols d'Air Algérie au départ de Paris devraient être tous annulés jeudi. «La grève continue. Si il y a un vol, ce sera pour faire partir les passagers les plus anciens» et les cas les plus urgents, indiquait une source aéroportuaire jeudi matin.

Air Algérie demande aux passagers de ne pas se présenter à l'aéroport. La grève du personnel navigant commercial en Algérie, entamée lundi, perturbe aussi fortement les aéroports d'Alger, de Nice et Marseille.

«Les enfants sont fatigués»

A l'aéroport d'Orly, des centaines de personnes se sont ruées à l'aube vers les comptoirs d'enregistrement, les chariots remplis de bagage et les yeux rougis de fatigue, comptant sur un hypothétique départ pour Alger.

«Les enfants sont fatigués. On est là depuis cinq heures du matin hier (mercredi)», lance une dame. «Les passagers du 11... du 12», clament les employés. Des dizaines de bras se lèvent, certains essaient de se faufiler en jouant des coudes.

«Laissez passer. On a des bébés d'un mois. Laissez passer», s'énerve un passager, tentant d'acheminer ses deux chariots jusqu'au comptoir d'enregistrement.

 «On n'a pas d'information. Les gens perdent patience», remarque Baya, qui devait prendre le vol de 9H00 pour Alger ce jeudi matin et qui a «peu d'espoir de partir aujourd'hui (jeudi)».

«Il faut les boycotter l'année prochaine»

«Cette nuit, on était des centaines à dormir au quatrième étage, pas que dans la salle» aménagée par Aéroports de Paris à Orly-Sud, déclare Rachid, qui devait prendre un vol pour Oran à 14H30 mercredi.

«On a payé au prix fort des billets en février pour avoir la certitude de partir», témoigne-t-il, dénonçant la grève et les «retards chroniques» de la compagnie aérienne.

 «Il faut les boycotter l'année prochaine! (...) Personne ne parle, il n'y a personne au guichet Air Algérie depuis une heure», s'emporte Naima, arrivée au petit matin pour prendre le vol de 9H00 pour Alger, barré d'un «annulé» en rouge sur les écrans.

Une grève inadmissible

Cette grève est une punition pour les milliers de voyageurs pris en tenailles par une poignée d'inconscients, saboteurs de leur outil de travail, qui n'ont eu aucune pitié ni aucune compassion pour leurs compatriotes. Ces gens ne méritent aucune considération, ceux-là même qui ont dégradé l'image de la compagnie nationale et continuent de le faire par leur comportement méprisant. Les pouvoirs publics  se doivent de réagir fortement et même brutalement pour  punir ces gens pour avoir bafoué la dignité des citoyens algériens et l'image de marque de notre pays.

 

 

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