Hôtel Sheraton Club des pins d’Alger : 400 travailleurs en grève

Hôtel Sheraton Club des pins d’Alger : 400 travailleurs en grève
Par Agence | 25 Septembre 2011 | 16:50

Rien ne va plus au Sheraton Club des pins situé sur la côte ouest algéroise. Au moins 400 travailleurs issus des différents services de cet établissement classé cinq étoiles, observent une grève depuis quelques jours. Motif ? Le refus catégorique de la direction de permettre à ses employés de créer un syndicat pour se défendre. Résultat : Ce célèbre hôtel dont l’étoile pâlit chaque jour un peu plus, «fonctionne» avec la moitié de son personnel (400 sur 800). AlgériePlus a constaté de visu ce matin le piquet de grève installé par les protestataires juste en face de la porte d’accès à l’établissement.

Une image surréaliste pour un hôtel de cette envergure qui plus est, dépendant de la non moins célèbre chaîne internationale Starwood. Des touristes, des hommes d’affaires et de simples touristes qui descendaient des voitures rutilantes, découvrent, l’air ahuri le triste spectacle d’une centaine de travailleurs, hommes et femmes, criant leur colère devant la porte principale de cet hôtel 5 étoiles…

C’est à peine croyable de voir que le haut standing en Algérie, fut-il géré par des étrangers, le directeur étant un Autrichien, équivaut dans son fonctionnement à un établissement bas de gamme.

Jetés comme des «Kleenex»

«Armés» de banderoles et autres affichettes, peintes en noir, les grévistes dont certains ont déjà été licenciés, ont provoqué un grand chahut au nez et à la barbe des agents de sécurité qui ne bronchent pas. « Où sont nos droits constitutionnels ! », «Intervenez Monsieur le président, ne les laissez pas nous piétiner» sont entre autres les slogans lancés à tue tête par les «victimes» du Sheraton.

Par moment, les protestataires qui veulent sans doute mettrent leur responsables étrangers dans la gêne, n’hésitent pas à entonner l’hymne national pour leur signifier que «nous sommes chez nous, vous n’allez pas bafouer nos droits». D’autres encore criaient sans cesse, «Nous sommes avec toi Lakhdar», en guise de soutien avec leur collègue qui observe une grève de la faim pour avoir été licencié.

C’est, en tout cas, pas très joli à voir dans cet établissement qui était la référence à son ouverture au début des années 2000. Mais il semblerait que ces gestionnaires ont fini par adopter la «mentalité algérienne», en recourrant à des procédures pas dignes d’un hôtel aussi prestigieux. En effet, en plus des salaires dérisoires qu’elle offrent à ses employés,- les salaires à peine supérieur au SNMG au commis de cuisine- la direction du Sheraton club des pins, impose des contrats de travail pour tenir en laisse son personnel.

Ainsi, à la moindre protestation  les travailleurs sont invités à prendre la porte et sont remplacés au pied levé par d’autres contractuels. C’est justement pour refuser d’être jetés comme des «Kleenex» que les grévistes ont décidé de dénoncer la direction de l’hôtel et dire aux algériens que «Sheraton est beau de l’extérieur mais très sale à l’intérieur» comme le dit un gréviste. A moins que cet établissement au même titre que d’autres entreprises étrangères considèrent qu’il n’est pas astreint au respect du code du travail algérien où il brasse pourtant des milliards de centimes de bénéfice.

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