Le BMS du jour

Ces minutes où tout peut basculer

Par Amine Bouali | 22 Février 2021 | 11:53

Jeudi 18 février, en soirée, les ingénieurs de la NASA, qui étaient chargés de faire atterrir la sonde spatiale américaine «Rover Perseverance» sur la planète Mars afin d'y identifier d'éventuelles formes de vie anciennes, ont poussé un grand ouf de soulagement après avoir vécu «sans encombres» ce qu’ils ont appelé «les sept minutes de terreur», les brefs instants qui ont précédé l’atterrissage de la sonde spatiale sur la planète rouge et qui ont été particulièrement périlleux et surtout parsemé de suspense et d’une relative incertitude. 


 «Sept minutes de terreur» pourquoi donc ? Sept minutes, c’est le temps qu’a mis la sonde spatiale entre son entrée dans l’atmosphère de Mars et le moment où elle se posa sur cette planète. Si on compte environ onze minutes pour qu’un signal envoyé par «Rover Perseverance» depuis le sol de Mars parvienne sur notre bonne vieille terre, les ingénieurs de la NASA n’ont appris, si on peut dire, «qu’après coup» si la sonde spatiale avait effectivement réussi à se poser sur la planète rouge et donc ils ont dû vivre pendant quelques minutes un stress intense, accentué par la part d’inconnu qui a entouré l’ultime étape de leur mission qu’ils ne maîtrisaient pas en totalité. «L’atterrissage d’un astromobile tel que «Perseverance» ne pouvait pas être piloté directement par un être humain et devait s’effectuer de manière automatisée. Il y avait tellement de choses qui s'enchainent, des paramètres et un timing tellement précis à prendre en compte, qu’un nombre incroyable de choses pouvaient mal tourner» avaient-ils prévenu. 

Sept petites minutes donc, où le hasard ou du moins la chance, se sont invités dans une mission calibrée au cheveu près. Après sept ans de préparation, sept mois de voyage où tout a été millimétré par les scientifiques qui ont travaillé d'arrache pied, le succès de «Rover Perseverance» a dépendu finalement, en partie, de quelques minuscules minutes où tout pouvait basculer d’un côté ou de l’autre. 

Le rôle du «hasard» ou de la «chance» dans les victoires de la science a été plusieurs fois mis en évidence par la façon, parfois peu rationnelle, dont de multiples découvertes scientifiques inattendues ont été réalisées. On estime qu'entre 30% et 50% de toutes les découvertes scientifiques ont été «accidentelles» dans un certain sens, même si le grand savant Louis Pasteur affirmait que «le hasard ne favorisait que l'esprit préparé». Concluons, avec votre permission amis lecteurs, cette petite chronique «spatiale» par une note quelque peu «métaphysique» : pour le croyant, ces fameuses «minutes de terreur» que nous venons d’évoquer et qui accompagnent parfois le moment-scientifique, ne relèveraient pas du tout du «hasard», car «le hasard, c’est le nom que Dieu se donne lorsqu’Il veut rester incognito!» (dixit l’écrivain Jean Cocteau).
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