Lettre ouverte à Monsieur le Président Directeur Général de France 24

Lettre ouverte à Monsieur le Président Directeur Général de France 24
Par Communiqué | 12 Décembre 2011 | 15:10

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance et à travers cette lettre ouverte, l’étrange et inexpliquée censure ( c’est le mot) dont a fait l’objet, mon ouvrage intitulé «Bouteflika: Une Fierté Algérienne» de la part de votre chaîne.

Journaliste algérien indépendant, fondateur d’ "Ouest-Info" le premier titre indépendant de l’Algérie profonde, militant de longue date de la liberté de la presse et des droits de l’homme, je suis de ceux qui ont contribué au combat mené par les forces démocratiques contre l’obscurantisme, la barbarie et le système corrompu et rentier.

Le vaillant peuple algérien qui a subi la terrible tragédie, continue d’apprécier donc l’énorme changement entrepris depuis l’avènement de 1999 grâce à la politique de réconciliation et de reconstruction du pays mené par le président algérien Abdelaziz Bouteflika.

Le nombre de toutes les victimes réunies du printemps arabe (et je m’incline devant leurs mémoires) ne pourrait égaler et de loin le prix du sacrifice payé par le peuple algérien avec ses 200.000 morts, ses milliers de disparus etc…Nombreux ont été nos compatriotes installés en Europe à avoir évité par le passé la destination Algérie, considérée comme la destination de la mort…Rendons à César ce qui appartient donc à César. Que pour çà, Bouteflika mérite tous les Nobel de la planète mais là c’est une autre histoire…

Partant de cela et devant les clichés véhiculés ici et là, j’ai été amené à l’écriture d’un ouvrage intitulé «Bouteflika: Homme de Paix et Digne Fils de l’Algérie» sorti à Paris au mois de janvier 2008 et ce afin d’apporter mon témoignage sur cette transformation et sur le combat mené par Bouteflika en faveur de la paix. Un livre dont la sortie a fait grincer des dents dans certains milieux parisiens connus pour leur Bouteflikophobie légendaire.

En dépit des tentatives visant à étouffer mon ouvrage, j’ai réussi tout de même à faire entendre ma voix en participant dans des plateaux de télévisions et à d’importantes manifestations culturelles (salon international du livre Paris, Le Maghreb des livres Paris, foire internationale du livre de Bruxelles etc…) où pour la première fois des ouvrages contradictoires sur Bouteflika ont été exposés au grand bonheur des visiteur.

Contrairement à mes adversaires politiques, je suis toujours resté, Dieu merci, fidèle à ma morale intellectuelle, à mes principes et aux valeurs universelles, n’ayant jamais connu un quelconque cercle du pouvoir ni émargé à une quelconque chapelle politique ou autre officine, la preuve est que mon journal Ouest-Info a connu plusieurs disparitions pour manque de subsides et ses journalistes sans cesse harcelés et ce sans que les pseudo-défenseurs de la liberté d’expression passés maitres aujourd’hui en donneurs de leçons ne s’en émeuvent…

En cette période-là, ces droit-de-l’hommistes voyaient leur titres engranger des milliards, alors que d’autres se pavanaient impudemment dans des salons feutrés parisiens . Cholestérol de l’imposture, leurs vociférations et toute cette haine versée contre Bouteflika à la grande joie des certains éditeurs parisiens et de télévisions françaises et qui en trouvent là un juteux filon, ne trompent personne. L’Algérie en paix, l’Algérie retrouvée dérange.. .

Comparer Bouteflika à Ben Ali, Khadafi, Moubarak, et autres Assad relève de la mauvaise foi et de la malhonnêteté intellectuelle. J’ai eu par le passé (fin du mois de juillet 2010) à intervenir malgré moi dans une lettre ouverte adressée au président américain Barak Obama . Ma mise au point au président américain intervenait en réponse à l’amalgame et à la calomnie visant le personnage de mon ouvrage et à rafraichir certaines mémoires devenues subitement amnésiques.

Convaincu de la justesse de mon choix politique et de mon combat, et après de longues recherches et des témoignages recueillis auprès de grandes plumes françaises ayant connu le personnage, j’entreprend l’écriture d’un second livre intitulé «Bouteflika: Une Fierté Algérienne» sorti au mois de mars 2011 à Paris et dans lequel je retrace un tant soit peu son parcours depuis la guerre de libération, jusqu’à la reconstruction du pays en passant par sa reconquête du pouvoir et la réconciliation nationale .Un ouvrage contrastant en tous point de vue avec les élucubrations colportées sur Bouteflika par ses détracteurs toujours portés aux anges par certains milieux politico-médiatiques français.

Frappé et outré par la campagne de désinformation, d’insultes et d’invectives dont a été victime le le président algérien Bouteflika traité de tous les noms d’oiseaux et accusé de toutes les tares de la planète (et dont malheureusement votre chaine n’a pas hésité à prêter son concours), je me suis sentis quelque part interpellé, non seulement en tant qu’intellectuel mais aussi en ma qualité d’auteur d’ouvrage sur Bouteflika.

Je ne pouvais pas admettre qu’au lieu d’un débat politique serein porté sur le programme du président algérien, vos téléspectateurs ont eu droit à un flot d’injures, d’insanités et de calomnies. Surpris donc par l’intérêt porté soudain par France24 concernant la situation politique de l’Algérie à la faveur du printemps arabe par notamment la présentation d’ouvrages critiques sur Bouteflika et l’invitation faite à leurs auteurs à venir sur le plateau verser leur venin sur l’homme , j’ai fait parvenir à la rédaction de votre chaine au début du mois de septembre 2011 un exemplaire de mon livre «Bouteflika: Une Fierté Algérienne» .

Malheureusement, à ce jour point de réponse. Ce silence s’apparente à une fin de non recevoir et c’est regrettable. Refuser des ouvrages et des débats contradictoires ne sert nullement la crédibilité de votre chaine. C’est un manquement délibéré à l’éthique et à la déontologie. Ce sont les débats démocratiques et contradictoires qui font la grandeur et la notoriété d’une chaîne et rien d’autres.

Priver vos téléspectateurs de présentation d’ouvrages contradictoires ôte tout crédit au devoir de neutralité et d’objectivisme censé être mené par France24. Descendre en flammes et en direct un homme sans aucune possibilité pour ceux qui en pensent autrement de s’exprimer, relève du parti-pris. Favoriser sur des sujets sensibles, un ouvrage au détriment de l’autre affecte non seulement et grandement l’image de la chaine mais relève également et à mon sens de la manipulation avec comme toile de fond une campagne politique de dénigrement et de déstabilisation.

Ce n’est pas à France24 également qu’il appartient de juger l’ouvrage mais aux téléspectateurs de la chaîne. En signe de neutralité et afin de permettre aux téléspectateurs de France 24 de faire leur propre jugement, il aurait été judicieux et plus honnête de confronter les idées à travers l’organisation de débats contradictoires. France 24 qui s’est donnée comme mission d’accompagner la liberté d’expression et la démocratie dans le monde arabe devait en donner l’exemple en la matière et la faire respecter à son niveau. Cela n’a pas été le cas et je le regrette.

Que les auteurs de cette honteuse censure soit rassurés, je n’ai jamais connu Bouteflika, ni connu son entourage ni aucun autre dignitaire du régime. Je n’ai pas à me présenter, mon parcours en est assez révélateur. Comme toujours, seule ma conscience guide mon action. Et comme toujours, je n’ai accompli là qu’un simple devoir d’intellectuel et de citoyen libre.

Veuillez agréer, monsieur le Président Directeur Général, l’expression de ma très haute considération.

Abdelaziz HOUMAD

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