Projet de loi électorale: un texte avec des changements à la marge

       Projet de loi électorale: un texte avec des changements à la marge
Par Nabil Semyane | 18 Janvier 2021 | 11:27

En attendant sa remise aux partis politiques pour enrichissement et qui devrait intervenir en cours de semaine, le texte du projet du nouveau projet de loi électorale circule déjà dans certaines rédactions algéroises.

A  priori, le projet de la commission Laraba, selon les informations qui ont fuité dans certains médias,  est dans l'esprit  de la nouvelle constitution et n’opère pas une vraie rupture par rapport à la loi actuellement en vigueur.

C’est ainsi que le mode de scrutin de liste à la proportionnelle par wilaya est maintenu et les sièges seront répartis en fonction du nombre de voix obtenues par chaque liste dans un  vote à un seul tour.

Le texte pose, en revanche, plusieurs digues pour empêcher l’intrusion de la corruption et de l’argent sale dans le processus électoral, en amont et en aval, avec le souci évident d'en finir définitivement avec le spectre de la "Chkara", incarné par l'ancien secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbas et ses enfants 

Ainsi, les jeunes qui souhaiteraient se lancer dans la politique vont bénéficier du soutien de l’état qui prendra à hauteur de 50% leurs dépenses de campagne, sur un budget spécial qui sera dégagé par le ministère des Finances.

Une autre mesure en faveur des jeunes tient dans l’obligation faite aux partis et autres listes indépendantes de consacrer 35% des candidatures au moins de 35 ans. Ces dispositions en faveur des jeunes traduisent l'engagement du président Tebboune à rajeunir la classe politique

Le souci d’égalité homme et femme est également inscrit dans ce projet de loi qui impose une parité, exception faite pour les communes inférieures dont la densité démographique est inférieur à 10.000 personnes.

Il est question  aussi dans ce texte de niveau d’études et pour les futures échéances, il sera exigé aux candidats de justifier d’un niveau universitaire pour postuler aux sièges député et de sénateur.

Au sujet de l’Autorité en charge du processus électoral, sa mission commence au lendemain de la convocation du corps électoral pour prendre fin à la proclamation des résultats.

Il appartient  désormais aux partis politiques qui comptent être partie prenante du processus électoral de creuser et d’approfondir le projet de loi avec des propositions de fond qui toucheront  à la philosophie même du système.

Reste à savoir jusqu’où le pouvoir acceptera t-il de jouer le jeu pour aboutir à une version consensuelle du projet, selon les souhaits exprimés la semaine passé par le président de l’ANIE, Mohamed Charfi.  

      

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