Les acteurs de l’opposition organisent la conférence Mazafran III à… Paris

Les acteurs de l’opposition organisent la conférence Mazafran III à… Paris
Par Hakim Megatli | 12 Janvier 2019 | 13:11

Les principaux leaders des partis de l’opposition qui avaient animé les conférences 1 et 2 de Mazafran après l’élection présidentielle de 2014, se sont retrouvés ce weekend ou grand complet ou presque. Mais ce n’était pas à Mazafran à Alger mais en banlieue… parisienne à Saint Denis.  

Les chefs de partis, Abderrazak Makri, Mohcin Belabess, Karim Tabou, Ahmed Adhimi, Ali Benouari, l’avocat Mustapha Bouchachi, le syndicaliste Meziane Meriane et le journaliste Saad Bouakba ont été invités sur le plateau de la chaine islamiste al Magharibia, appartenant au fils de l'ex leader de l'ex FIS, Abbassi Madani,  pour animer plusieurs débats politiques.

Nostalgique, la chaine islamiste voulait revenir sur l'arrêt du processus électoral en janvier 1992, autour du thème générique, «27 ans après le coup d’Etat qu’est ce qui a changé en Algérie ?». Les invités ont replongé dans l’origine de la crise politique algérienne et tenté d’expliquer les péripéties, et les motivations de certaines décisions, avec comme fil conducteur de l’arrêt du processus électoral.

Mais au-delà des versions et des positions des uns et des autres, dont certaines étaient contradictoires à l’image du chef du RCD qui a défendu le soutien de son parti à la décision prise par l’armée à l’époque, et Tabou plutôt opposé à cette option, le clou aura été la mise au banc des accusés d’Abderrazak Makri coupable d’avoir fait cavalier seul en allant négocier avec la présidence.

Mais loin d’être complexé par le reproche qui lui a été fait, le chef du MSP, a reconnu avoir rencontré des hauts responsables et qu’ils auraient accepté son offre de reporter la présidentielle en contrepartie de «réformes politiques profondes». «Nous n’avons pas fait ça pour un intérêt personnel ou celui de notre parti mais pour trouver une solution à cette crise politique et nos interlocuteurs étaient sensibles à notre discours», a dit Makri.  

Et d’ajouter : «nos amis des partis de l’opposition qui étaient informés de tous les détails de nos contacts ont eux aussi accueilli positivement notre démarche. Malheureusement, précise Makri, un parti du pouvoir a chahuté l’initiative (Amar Ghoul NDLR) en lançant la proposition d’une autre conférence de consensus nationale sous la supervision du président de la république».

Abderrazak Makri a suggéré que l’entourage immédiat du président était «enthousiaste» à l’idée de prolonger le mandat présidentiel d’une année mais que des «parties hostiles» qu’il n’a pas nommées ont fait capoter l’opération.

De Sant Egidio à… Saint Denis

Mustapha Bouchachi intervient pour l’interroger s’il avait reçu des garanties que des réformes politiques sérieuses allaient être faites durant l’année de prolongement du mandat de Bouteflika. «Non, nous n’avions reçu aucune garantie, mais nous avons estimé que c’était la solution la moins mauvaise et que de toute façon nous devions rendre compte à nos partenaires de l’opposition pour voir la conduite à tenir» répond Makri.

Pour autant le président du mouvement islamiste ne perd pas espoir de pouvoir reprendre langue avec les gens du pouvoir pour éviter au pays d’aller du «mauvais au pire». Et le pire, selon Makri, c’est le cinquième mandat qui, d’après lui «a gagné de la valeur dans la bourse politique».

Après être passé aux «aveux», Abderrazak Makri a invité ses partenaires, dont il ne manquait que son contempteur Sofiane Djilali, à organiser d’autres rencontres de l’opposition «mais à Alger pas ici à Paris».

Mohcin Belabess, Karim Tabou, Ahmed Adhimi et Me Bouchachi ont tous montré leur disponibilité à revenir à «l’esprit de Mazafran» qui est la «seule plateforme politique prometteuse à même de pouvoir amener le régime à s’assoir à une table de négociation».

Auparavant le général à la retraite, Hocine Benhadid, l’ex colonel de l’ex DRS Mohamed Khelfaoui et Kamel Guemazi de l’ex FIS se sont joints par téléphone au plateau politique pour évoquer les péripéties de l’arrêt du processus électoral en 1992.

A noter que ces débats politiques organisés dans les locaux d’al Magharibia, qui ont duré tout le weekend, l’ont été sur trois plateaux distincts, à savoir avec Djamel Eddine Benchenouf en Français, Salim Salhi en arabe et Nacer Djoudi en Tamazight.      

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